Maires de SAINT-RENAN avant la Révolution

 

Il ne se trouvait avant 1790 sur le territoire qui a formé le Finistère que dix villes jouissant, de véritables municipalités, avec corps de ville : Brest, Carhaix, Concarneau, Landerneau, Lesneven, Morlaix, Quimper, Quimperlé, Saint-Pol-de-Léon, Saint-Renan. Toutes les dix envoyaient des députés aux Etats de Bretagne. A partir du XVII° siècle elles eurent des magistrats électifs et des revenus réguliers, consistant en droits d'octroi. La plus grande variété régnait dans le détail de leur organisation. A partir de 1748 toutes eurent des maires. 

MANUEL DES ÉTUDES FINISTÉRIENNES, Henri WAQUET, Archiviste en Chef

Valence - Imprimeries réunies - 1948

 

Maires de SAINT-RENAN depuis la Révolution

 

1790-1791  Goulven AMALRIC, avocat

1791-1792  Hervé LE HIR, négociant

1792-1793  Georges CAMAREC, ancien officier canonnier

1794-1795  Jean-Baptiste AUMAITRE, aubergiste

1795-1809  Hervé LE HIR, négociant

1809-1840  François-Marie LEVESSEL, notaire

1841-1865  Noël-Marie MEVEL, notaire

1866-1870  Eugène JACOLOT, notaire

1870-1874  Etienne DELAGARDE, négociant

1874-1876  Aristide PILVEN

1876-1877  Etienne DELAGARDE, négociant

1877-1878  François MAGUEUR

1878-1881  Etienne DELAGARDE, négociant

1881-1908  Léon CHEMINANT, notaire

1909-1944  Gustave CHEMINANT, notaire

1944-1945  Président de la Délégation spéciale, François TOURNELLEC

1945-1953  Marie DIGOY

1953-1957  Paul GUYADER, médecin

1957            Président de la Délégation spéciale, Hervé KERSAUDY

1957-1965  Paul GUYADER, médecin

1965-1994  André CHEMINANT, négociant

1994-2014  Bernard FORICHER, technicien agricole

2014-           Gilles MOUNIER, ingénieur en agriculture

 


A Saint-Renan, des maires oubliés

 

 

L'incendie des archives de la ville en 1802 laissait incomplète la liste des premiers maires de la commune. Des recherches patientes aux Archives départementales du Finistère, à Quimper, au sein de diverses séries d'archives, ont permis de sortir d'un injuste oubli quatre des premiers maires de Saint-Renan : messieurs BOUGARAN, AMALRIC, CAMAREC, AUMAÎTRE.

 

Le premier retrouvé, sous l'Ancien Régime, est Guillaume BOUGARAN, maire en 1787, « notaire du Roy en la sénéchaussée de Saint-Renan et Brest ». Oui, Saint-Renan faisait partie des dix villes du territoire formant aujourd'hui le Finistère, qui dès avant la Révolution, avaient des maires : Brest, Carhaix, Concarneau, Landerneau, Lesneven, Morlaix, Quimper, Quimperlé, Saint-Pol-de-Léon, Saint-Renan. Toutes les dix avaient le droit d'envoyer des députés aux Etats de Bretagne.

 

Guillaume BOUGARAN apparaît dans un ordre de réquisition qu'il ordonne en tant que maire pour loger les troupes de terre en 1787 : la chapelle Notre-Dame et la chapelle Saint-Yves serviront de casernes, la chapelle Saint-Sébastien de magasin à grains ; François Morel et Guillaume Floch doivent laisser leur four à pain et leurs logements aux munitionnaires, chargés de nourrir les troupes.

 

Le second des oubliés et le premier maire de la Révolution est un avocat, Goulven AMALRIC, élu début 1790. En juillet de la même année, interdiction de cumul des mandats oblige, il choisit de démissionner pour occuper le poste plus prestigieux d'administrateur du District de Brest. Nous le retrouverons.

 

 Son remplaçant est élu le 25 juillet 1790. Le suffrage n'est pas encore universel et seuls les hommes les plus riches, « les citoyens actifs » peuvent voter ; les femmes devront attendre 1945 pour avoir ce droit. Les électeurs sont réunis dans le réfectoire de la maison de retraites religieuses de Kercharles, en bas de la ville. Cet établissement est devenu propriété de la Nation. Hervé LE HIR, marchand de draps et de vin en gros est proclamé maire sous les applaudissements. Il était connu comme le premier maire de la période révolutionnaire, mais il n'est que le second, après Goulven AMALRIC.

 

Hervé LE HIR démissionne et début 1792 Goulven AMALRIC retrouve le poste de maire qu'il avait occupé en 1790. Pour la seconde fois, comme en 1790, au bout de quelques mois, il quitte ses fonctions de maire pour un siège au Conseil général du District.

 

Il est remplacé en janvier 1793 par Georges-Louis CAMAREC, ancien officier canonnier. Un camp important (dit camp de Saint-Renan ou de Lanrenap) avait été établi sur Lanrivoaré et Mlizac fin 1792. Un hôpital militaire de 40 lits fonctionnait au château de Kergroadez, proche du camp. Le 14 juillet 1793, Georges-Louis Camarec, maire de Saint-Renan, se rend au camp pour représenter l'administration à la fête civique de prestation du serment de fidélité à la République des « braves militaires citoyens » du 77° régiment. La cérémonie s'achève « dans la plus parfaite allégresse et au bruit de vingt-deux coups de canon ».

 

Début 1794, le maire est Jean-Baptiste AUMAÎTRE, aubergiste à Saint-Renan. Nous le voyons procéder à Plouarzel, à des réquisitions de dix voitures de paille et de dix voitures de fagots de genêts pour les magasins militaires de Kercharles, à « RENAN », nouveau nom de la ville.

 

La Terreur révolutionnaire passée, Hervé LE HIR est réélu maire de Saint-Renan en 1795. Devenu presque aveugle, il démissionnera en 1809. Son successeur est François Marie LE VESSEL, avocat et notaire, qui habitait la maison qu'occupe aujourd'hui le musée du Ponant au 16 de la rue Saint-Mathieu.

 

Jos Saliou - 2014

 

 

Sources, Archives Départementales du Finistère : C48, 10L38, 10L75, 1Q83, 21L44, 145L6, 89J10, 252G7, 89J10, 10L51, 21L149, 2M55, 21L47, 17L7, 4E248-17, 39J1, 145L8. Henri Waquet, Manuel des Etudes Finistériennes, Plouarzel Tud ha bro, 1991-16.